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Qingzhou premiers contacts

  • une clinique locale
    Les premiers contacts avec la ville de Qingzhou étaient la découverte d'une petite ville de campagne du nord de Chine. Nous sommes désolés de pouvoir comprendre 30% de l'accent local. Nous ouvrons à peine la bouche, les chauffeurs de Taxi nous disent immédiatement " vous n'étes pas du coin !" Pas moyen de nous cacher, nous ne sommes pas d'ici, et ça s'entend.

Mon Léo adoré

  • " Non, je veux rester avec vous à table !"
    C'est le petit dernier de la famille GAO. Son nom est Léo. Nous l'avons adopté quand il était bébé. Un bébé adoré de toute la famille et Léo n'a jamais fait de bétises. Léo n'a que des belles qualités. Léo nous rend heureux tous les jours. Nous n'avons pas trouvé de défauts depuis qu'il vit avec nous. ... C'est terrible de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras. Léo me maque cruellement !

Un voyage gravé dans ma mémoire

Un voyage gravé dans ma mémoire
- vol de Paris à Beijing, le 11mai 2008

Arrivée à l’aéroport de Beijing, je suis un peu fatiguée mais très heureuse de revoir une partie de ma famille. Comme chaque fois je vais passer ma sœur, son mari et ma petite nièce de 10 ans.
Et toute contente, ma sœur me présentait la vue imprenable sur la forêt des immeubles du haut de ses 23èm étage.
« Mais il fait gris ! Pourquoi t’excites-tu ? » d’un ton ironique, lui lançais-je.
« Je sais que le ciel de Montpellier est plus bleu qu’ici. Je veux quand même te montrer le ciel dégagé, sans poussière devant tes yeux ! » rétorquait-elle avec force. Il avait plu la veille de mon arrivée et la pluie a pu laver le ciel chargé de poussière de la capitale.
Ma petite nièce s’est mise à jouer au piano pour moi. C’est un régal de l’entendre. Chaque fois que je viens à Pékin. Elle a encore fait des progrès ! Je savourais des fruits chinois que je n’en trouve pas en France. Ma sœur sait que je suis amoureuse des fruits exotiques. Je passe toujours un jour ou deux à Pékin pour rendre visite à ma sœur avant de partir ailleurs. J’apportais des produits de France, des chocolat, parfums, saucissons, tapenade, herbe de Provence ou encore moutarde !

Ce voyage de 3 semaines devait être un moment de joie pour moi. Mais c’était sans compter sur la brutalité du destin.


vendredi 10 août 2007

MISSIONS (1)

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Le soleil est accroché solidement dans le ciel sans l’intention de bouger. Il lève son menton et scrute religieusement l’horizon en direction du nord. La main droite posée devant les yeux, il ne voit guerre des nuages noirs. Le ciel est blanchâtre et le soleil n’est pas franc.
Pas un brin de vent à 6H du matin. Il pense que son apprenti et lui auront du mal à respirer dans l'atelier de peinture.
« Sale temps ! » murmure-t-il.
Le temps est de plus en plus lourd en ce mois de juillet. Le taux de l’humidité est tellement élevé qu’on a l’impression de ne pas pouvoir sortir d'un sauna. Au loin il aperçoit des silhouettes familiers des villageois. Par deux ou trois, ils se lèvent et restent un petit moment bavarder sur les toits de maison en argile. Par temps de grosse chaleur, ses voisins préfèrent dormir sur le toit avec une simple natte de paille. Lui n’aime pas dormir hors de son lit. Autrefois sa mère lui répétait que l’humidité pourrait pénétrer dans le corps et qu’il serait difficile de s’en débarrasser plus tard.
« Les riches ne dorment jamais sur leurs toits. » aimait dire sa mère.
Entre midi et deux lors des discussions entre collègues, il prête ses oreilles en écoutant attentivement les récits des uns et des autres qu'ils n'hésitent pas à vanter les bienfaits de la climatisation. Qui a inventé ces machines moches qui crachent de l'air chaud dehors ? Il reste, dans ce cas-là, silencieux, l’air désintéressé.
Il a plu un peu la nuit dernière. Les quelques gouttes ont ajouté encore plus de vapeur à la terre bien assoiffée. Nous sommes dans le nord où le climat est sec normalement. On dirait que tout est déréglé maintenant. C'est comme s'il vit désormais dans le sud. La télé dit qu’il fait très chaud et sec dans le nord et des inondations dévastatrices ont lieu en ce moment dans des provinces du sud. Il est d’accord, pour une fois, avec les dits de la présentatrice de la télé centrale. D’habitude il contredit haut et fort tout ce qu’elle raconte. Il déteste ses voix monotone et coiffure inchangée depuis qu'il a eu sa télé en noir et blanc. Il avait le droit de regarder les infos une fois par semaine pendant les 6 ans de séjour en prison. Ce visage rond de la présentatrice lui est familier. Lui et ses codétenus la regardaient ensemble dans le silence total. Elle lui rappelle la prison.
Comme un rituel respecté, la famille se met à table à 19H00. Les repas du soir sont maigres. Des plats de légumes sautés, pains cuits à la vapeur et une bouteille d'alcool de la production locale. Il ne buvait pas auparavant, mais l'alcool est devenu son compagnon inséparable depuis le tour à la prison. Chaque soir il suffit qu'il entende des bons chiffres économiques par ci par là, les énoncées des noms des dirigeants qui voyagent à l'étranger, des commentaires fades d’images de catastrophes en Chine ou ailleurs… alors il devient tout rouge. Sa gorge éjecte alors avec une force inouïe des mots d'insulte. Ses phrases sont courtes et répétées maintes et maintes fois. Femme et enfants se taisent dans ce cas-là. On devine qu’il n’est pas heureux en voyant l’injustice ou des sourires hypocrites du petit écran. On le laisse tranquille en attendant le calme. A chaque fois sa femme tire sa manche pour qu’il baisse un peu le ton. Ce n’est pas du tout efficace car l’homme lève le ton encore plus haut juste après.
Il est saoul tous les soirs avant d’aller au lit. Sa femme se couche très tôt et se lève vers 4 H du matin pour vendre des légumes salés au marché. Il l’aide de temps en temps pour préparer ces légumes salés dans des jarres en terre. Il aime la douceur de sa femme sans jamais lui dire. Son regard posé sur elle exprime la tendresse et un sentiment caché de culpabilité. Cette femme souriante mais écrasée par la vie est la sienne. Elle mérite une meilleure vie comme tant d'autres femmes. Et qu'en pense-t-elle ? " Je suis ta femme. Et tu as raison de toute façon ". Elle aime cet homme droit et honnête.
Depuis il est sorti de prison, elle remarque qu’il supporte de moins en moins des mensonges, même ceux de la télé.
La saison de pluie tarde à venir cette année. Il a planté des maïs avec l'aide de ses 2 filles qui sont encore au collège. Au mois de juin presque tous ses collègues ont d’abord récolté le blé puis planté des maïs dans les champs. Les céréales ne rapportent pas beaucoup mais les vente restent correctes. Lui et ses collègues sont paysans et ouvriers à la fois. Vivant à la campagne, ils travaillent à la terre après le boulot de l’usine.
On n’abandonne pas la terre sous aucun prétexte. C'est une assurance.
Pas de dimanche, pas de repos, pas de congés.
L’homme se contente de nourrir sa famille et d’envoyer ses filles à l’école. Il leur doit 6 longues années d'absence et veut réparer maintenant.
Il adore son travail puisqu’il est le meilleur peintre dans cette usine de bétonnière. Ce boulot lui rapporte un peu plus d’argent que le travail de montage ou de soudure. La plupart des jeunes ouvriers ne veulent pas ce travail polluant par crainte d'être stériles.
« Je vais pas faire d’autres enfants à ma femme. Mes 2 filles me suffisent ! «
L’état a assoupli la politique d'« enfant unique « en permettant aux paysans d’avoir une seconde chance si leur premier enfant est une fille.
Voilà comment il a décroché un boulot que personne ne veut. Il y a 3 mois.

jeudi 09 août 2007

jeudi 02 août 2007

jeudi 08 février 2007

Poulet 8 pièces (recette)

Poulet 8 pièces


Beignets de poulets
Ingrédients :

1 Mélangez les merceaux de poulet ( coupé en grosse lamelle ) avec des œufs (la viande doit baigner dans les œufs), la fécule de pomme de terre, sel, poivre et blanc de cebette
2 Faire chauffer l’huile de friture
3 Faire cuire les beignets de poulet en les passant 2 fois dans la friture

Sauce
Ingrédients :

1 Coupez l’ail, le gingembre, le vert et blanc de cebette en petits morceaux
2 Reservez le vert de cebette
3 Dans un wok chaud, mettre l’huile puis le poivre de sichuan, gingembre, ail et blanc de cebette.
4 Faire revenir et rajouter la purée de piment et le bouillon de volaille (pas de cube!)
5 Rajouter la tomate coupée en dés, un peu de sel, sauce soja, le sucre et le vinaigre blanc
6 Mélanger la fécule de pomme de terre avec de l’eau froide
7 Rajouter ce liquide au fur et à mesure et mélanger le tout
8 Pour rendre la sauce plus brillante, rajoutez de l’huile de sésame et le vert de cebette pour décor.

Après la 2ème friture, verser la sauce relativement épaisse sur les morceaux de pulet. On entend des crépitements...

" Le poulet 8 pièces " n'est pas mon invention. J'ai simplement traduit le nom de ce fabuleux plat de la cuisine du Sichuan. Il est facile à réaliser.
C'est d'ailleurs un des plats préférés de mon fils.

lundi 29 janvier 2007

Bon anniversaire, mon fils!

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Le 07 décembre 2006

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon fils.
Pour la première fois, je ne suis pas à ses côtés au réveil du matin. J’imagine qu’il s’élève très tôt pour être à l’heure à l’école des Métiers d’Art, puis il laisse la maison derrière lui sans prendre son petit – déjeuner. Comme d’habitude.
Entre mes enfants et moi, Montpellier et Qingzhou il y a désormais des montagnes, des fleuves et les sept heures de décalage d’horaire. Chaque matin quand je commence ma journée de travail au bureau, la France s’endort. Je me demande très souvent : A quoi rêvent-ils mes deux enfants dans leur sommeil profond ? Comptent-ils les jours de retrouvailles en allant au lit ? Ils me manquent, mes enfants !
Aujurd’hui toutes mes pensées vont vers ce fils de 19 an.
Depuis les premiers jours de ma grossesse, il est le témoin de ma vie en France : de l’étudiante fraîchement débarquée à Montpellier à la maman qui prend très au sérieux le plus beau métier du monde. Le bébé d’hier est devenu un grand en un laps de temps!
Mes mots sont si fades face aux innombrables souvenirs de ces 20 dernières années. Je regrette le peu de vocabulaires français en ma possession. Mais une chose est sûre, c’est que mon fils sent mon amour débordant envers lui et sa petite sœur. Et puis il est capable de comprendre, à 19 ans, le chemin sinueux de ses parents. Lorsque nous étions à Montpellier, il n’aimait pas trop entendre notre première vie passée en Chine, pas plus les histoires de notre seconde vie en France. Il était insouciant comme des jeunes de maintenant.
Un jour, nous avons décidé d’entamer notre troisième vie au pays. Il a simplement dit :" Ne vous inqiètez pas de nous. On se débrouillera. "
En quittant notre maison, nos amis, les conforts et tout le reste. Ce n'était pas un choix facile.
- " Vous partez ensemble sinon vous risquez de divorcer plus tard.’ Nous a-t-il dit, d’un air sérieux. Il nous a presque posé une condition de ce retour en Chine.
- " Comment allez-vous faire pour EURASIA et les enfants de Chengdu ?" demande ma fille, plus anxieuse. Elle sait à quel point cette association nous tienne à cœur ! Finalement tous les deux nous ont assuré qu’ils allaient être responsables et prendre soin l’un et l’autre.
Trois mois sont passés. On ne s‘appelle pas souvent malgré les moyens de la communication. Mes enfants comprennent parfaitement notre lourde mission, même j’en parle peu. Je sens que les faux détachements à l’autre bout du fil par apport à notre absence. Mes enfants veulent me montrer qu’ils sont responsables et forts.
Je suis si fière d’eux, mais un pincement au cœur ne me quitte pas aujourd’hui.
______________

Lorsque nous étions en France, j’avais l’habitude d’organiser des repas copieux en invitant nos amis français et chinois. Les anniversaires étaient des occasions de nous retrouver ensemble. Ca me fait drôle de ne rien préparer aujourd’hui.
Mon fils a soufflé ses bougies bleus avec une addition régulière de nombre. Je me rappelle que pour ses 18 ans, Xu et moi devions partir travailler au restaurant après le repas du soir. Comme d’habitude nous avions partagé en famille un simple repas dans la cuisine. Au menu c’était sino - français. J’avais préparé la salade aux 3 couleurs qu’il adorait, des aubergine farcies avec une sauce aigre-douce pimentée et le poulet fermier aux pattes noires de Gers avec des champignons parfumés.
Il était ravi.
Le repas a commencé avec un bol de nouilles. Selon la tradition chinoise on doit servir des nouilles pour le symbole de la Longévité. Nous avons respecté la tradition chinoise sans négliger la française. Un gros gâteau au chocolat était à table en guise de dessert. Sa petite sœur n’avait pas oublié d’allumer les petites bougies.
Ce fut un repas rapide à cause de nos obligations professionnelles. Nous étions à table à 18H00, et une demie heure après nous étions déjà sur le chemin du restaurant.
……
___________


Aujourd’hui je suis loin. Pas de cadeaux, pas de bisous. Juste des souvenirs, plein d’Amour et ces quelques lignes, à plus de 10,000 km de mes enfants. Je regarde le ciel en me demandant :
Un nuage qinzhouthèsque voyagera-t-il jusqu’à Montpellier ?
Sont-ils en bonne santé et heureux tous les jours ?
Ont-ils grandit depuis notre départ ?
Que sont-ils en train de faire ?
… …
En dehors de mon travail, mes enfants occupent ma tête et mon esprit.
Mon fils a 19 ans aujourd’hui.
" Bon anniversaire, chéri ! "



mardi 16 janvier 2007

La découverte de Qingzhou


Le 02 décembre 2007

Par la fenêtre de mon bureau, je profite du soleil généreux de l’après-midi.
Depuis notre arrivée en Septembre, quelques gouttes de pluie sont tombées cette nuit pour la première fois. Ce matin j'étais ravie de sortir mon parapluie avant de venir au travail. Comme il y a de la poussière partout dans la ville, je suis vraiment contente que la pluie soit enfin là. Peut-être va-t-elle laver un peu les trottoirs ? eh bien non. Le mélange de la pluie, la terre et les poussières est terrible à voir. Les gens marchent dans une espèce de boue. La pluie n'a rien lavé du tout. Les feuilles des arbres sont maintenant à peine plus vertes qu'hier. Finalement je préfère simplement la présence du soleil.
Mes collègues me rassurent que la saison de la neige ne va pas tarder à venir. Alors la neige blanche va sûrement couvrir enfin les rues poussiéreuses de Qingzhou.
La ville est, comme toutes les villes de Chine, un immense chantier. On construit partout en détruisant les vieux quartiers. Apparemment les gens sont plutôt contents du changement de la ville. Tout le monde parle des déménagements des uns et des acquisitions des appartements des autres. C'est le sujet préféré de chinois actuellement. Pour l'instant je n'arrive pas encore à adhérer complètement la vie du Nord. Je crains terriblement le froid. Un jour vais-je parler aussi l'achat d'un appartement avec des gens d'ici ? Au bout de 2 mois je me sens encore étrangère.
Qingzhou a plus de 2500 ans d’histoire, mais elle n’a pas su ou n’a pas pu garder beaucoup de son passé. Avec Xu, nous avons cherché en vain un antiquaire ou une vieille librairie au centre ville. Pourtant il y a le pont reconnu, appelé « Wan nian jiao » ( le pont de dix milles ans ) par les architectes du pays. Un pont en pierre et reconstruit 3 fois dans son histoire. Mais en nous approchant de ce pont, ma déception a dépassé mon imagination. Imaginez un pont sans eau qui coule en dessous ! Avec mon appareil photo, j’ai du prendre des photos de ce vieux pont en négligeant volontairement le paysage désastreux des alentours. Ce pont relie toujours les deux parties de la ville, mais on croise plus de voitures que des piétons. Je ne sais pas encore quand et par qui le lit du fleuve a été séché, mais je suis certaine que c’est une ‘ petite ’ catastrophe écologique de plus en Chine. Mon collègue Li m’a confirmé qu’il y avait de l’eau dans les années 80. Puis la ville a commencé à grandir de façon hasardeuse.
On pompe de plus en plus de l’eau souterraine.
Puis un jour, plus rien en dessous.
J’évoque cette histoire avec les jeunes gens qui n’ont pas l’air de s’offusquer.
"C'est la vie !" me répondent-ils.
Nous sommes en hiver, toute la ville offre un visage jaune, jaunâtre et fanes. A part des magasins décorés en rouge, les femmes et les jeunes filles s'habillent plutôt de façon très colorées. Tout le monde dit que la ville est plus belle au printemps. Je le crois et suis impatiente de voir le paysage du printemps prochain.
Dimanche dernier nous avons marché un peu dans la ville. Puis nous avons décidé d'aller voir la campagne. D’une part pour vider nos têtes du boulot, d’autre part pour photographier les vielles maisons. S'il en reste encore. En nous promenant, nous étions vraiment contents de voir enfin des petites maisons à l’ancienne. Elles sont en brique, bien rangées, et s’orientent face au Sud à cause du vent hivernal. Elles se dressent sagement les unes après les autres sans fantaisie. Ce sont des maisons construites à l’identique. Les passages entre les rues sont très étroites. Il y a des papiers rouges avec des inscriptions de la calligraphie collés sur toutes les portes. Ce sont des vœux de bonheur. Nous arrivons à distinguer les caractères des propriétaires à travers ces belles écritures. Je vois aussi des écritures en arabe. En fait de nombreux musulmans vivent à Qingzhou. Ils cohabitent avec 28 d'autres éthenies minoritaires. Leurs maisons ne se distinguent que par les détails des écritures. C’est tout. Quand on marche dans la rue, il est impossible de les reconnaître. Pas de port de foulards pour des femmes ni barbes pour des hommes.
Notre appartement de location n’échappe pas à la tradition. Les anciens propriétaires ont laissé les bons vœux de l'an passé sur la porte. On peut encore déchiffrer les idéogrammes. Selon les traditions locales, les gens changent des vœux la veille de Nouvel An chinois, selon les événements passé ou des souhaits pour une nouvelle année. Alors je vais suivre ces traditions qingzhouthèsques.
Pour voir mes choix de vœux et les traductions en français, il vous faut patienter jusqu’à la Fête du Printemps. Je ne pourrai pas vous envoyer des bruits de pétards, ni de bons raviolis mais des traductions de vœux, pas de problème.
Nous n’avons pas encore l’occasion de pénétrer dans une des ces maisons. Mais leur aspect extérieur me paraît très simple et discret. Si un jour nous devons acheter une maison ici, je vais chercher une ancienne comme ça. Les nouveaux lotissements ne m’attirent pas du tout.
Pour le moment, notre appartement de location nous convient parfaitement.

dimanche 10 décembre 2006

les premières semaines à Qingzhou

Le 27 novembre 2006

Nous sommes restés à l’hôtel pendant 3 semaines.
Un des deux meilleurs hôtels de la ville qui se trouve au centre ville. Il est grand et beau mais trop coloré à mon goût. A part le restaurant du 1er étage, il y a un grand KTV qui est assez bruyant.
La vie dans un hôtel est confortable, mais rester dedans pendant 3 semaines sans se sentir chez soi, n’était pas facile à vivre. J’ai fini par demander aux filles de l’étage de ne plus faire le ménage 2 fois par jour chez nous. Elles étaient charmantes et venaient faire le ménage avec soin. Cela me gênait un peu car nous n’avions pas l’habitude de ces services. J’ai fini par le faire moi-même.
Tous les matins nous prenions le petit déjeuner au restaurant. Que veut dire un petit déjeuner chinois ? Eh bien il n’y a pas de café ni thé, et pas un nombre de sucrerie. Je vous liste ce que nous prenions au petit matin : soupe de riz ou soupe de millet, lait de soja chaud sans sucre ; des légumes verts sautés, des œufs durs au thé, des légumes salés et des pains cuites à vapeur…
Un bon café chaud le matin me manquait. De temps en temps je salivais en pensant aux croissants chauds et de la confiture. Et quand j’étais en France , c’était les parfums de Chengdu qui me titillaient le nez. Je ne mange plus de sucrerie le matin, alors il est logique de perdre un peu de poids. Sans faire du régime !
Notre chambre était spacieuse où Xu et moi pouvions travailler sans problème. Ca n’a rien à voir avec notre bureau de Montpellier. Mais j’étais ravie d’avoir Internet dans cette petite ville. Sans cela nous ne pouvions pas communiquer avec la France.
Le plus difficile pour nous, c’était bien le réveil du matin. Avant les bruits de la rue parvenaient dans mes oreilles, c’était le chant du coq dont j’ignorais la provenance. A 6H00 du matin. C’était marrant les premiers jours et après ces chants devenaient durs à entendre ! Nous continuions à travailler jusqu’au minuit ou 1 H du matin comme nous étions en France. Alors le chant de coq m’empêchaient de me reposer. Puis à 8H00 le magasin électronique commençait à mettre le haut-parleur. Que des publicités des toutes les marques de cette planète ! Au début je croyais que c’était temporaire, mais au bout de 3 semaines, j’ai enfin compris que c’était une bande d’annonce sans fin. Ah la Chine du 21 ème siècle ! J’ai souvenirs des sons du haut-parleur du matin de Chengdu dans les années 70. A cette époque j’entendais des chants révolutionnaires ou des éloges pour la gloire de la Révolution Culturelle et du Président Mao. Ces chansons sont d’ailleurs gravées dans ma tête pour toujours.
Peut-être à cause de mon âge, je suis incapable de retenir les paroles de chansons de maintenant et ne supporte pas du tout la publicité, qu’elle soit française ou chinoise. J’ai eu ma dose de fourrage du crâne à l’âge de 10 ans.
Tous les matins notre collègue Yan venait nous chercher à l’hôtel vers 8H30. Le trajet vers l’usine est assez court. 5 mn suffisait. Ensuite nous commencions à travailler avec des collègues. C’est au bout de 2 semaines que nous avons su qu’ils commençaient la journée à 7H20 ! Or par politesse, personne nous a fait des remarques. Nous sommes considérés comme des français, alors ils nous laissaient le soin d’arriver en retard. Dès que j’ai eu cette information, j’ai proposé immédiatement à tout le monde de commencer à 8H00. Et l’ensemble du personnel a approuvé ma proposition comme s’ils attendaient ce changement ! J’avoue que j’étais égoïste en changeant les horaires du travail. Mais je ne pouvais vraiment pas aller au boulot à 7H20. Je reste une couche tarde.

Qingzhou est une petite ville de campagne. Les rues sont bruyantes. Tous les magasins mettent à fond leurs pubs sonors pour attirer des clients. Le transport en commun existe mais tellement rare. Les taxis sont aussi rares sauf au centre ville. Et ils ne promènent pas partout comme dans des grandes villes. Par contre les vélos, les motos et les vélos électriques sont nombreux. Des tracteurs, des camions et des voitures de luxe se mélangent sans surprendre personne. L'hôtel se trouve au centre ville entouré des commerces. Chaque fois nous traversions la rue, je sursautais en endentant des bruits. Naturellement je serrais le bras de mon mari par peur des accidents. D'ailleurs en 10 jours nous avons déjà vu 3 accidents plus ou moins graves !
En nous regardant de loin, les habitants de Qingzhou devaient se demander " Qui sont ces deux là? " car nous marchions la main dans la main. D'ailleurs les taximans nous posent toujours la même question: "D'où venez-vous ?", c'est parce que je cherchais à mettre la ceinture dans les voitures. Or personne ne la met à Qingzhou!
Petit à petit je ne cherche plus à mettre cette ceinture de sécurité, en plus je retirais sagement ma main sans vouloir attirer les regards, plusUne fois la rue traversée.
Mevoilà qui redeviens chinoise chaque jour un peu plus.

mercredi 29 novembre 2006

Début de l'hiver à Qingzhou

Le 07 novembre 2006

Il fait nuit très tôt à Qingzhou.
J’ai un peu de mal à m’habituer. Le changement du climat a été brutal. La tombée de nuit vers 17H00 me donne l’impression de ne jamais finir ce que je dois faire de la journée. La radio locale annonce l’arrivée de la vague de froid qui commence à gagner tout le Nord. Je prépare mon premier hiver du Nord.
Le vent glacial venant de la Sibérie soulève les feuilles jaunies de platane. Il fait déjà -20°C dans le grand Nord. J’essaie d’imaginer l’hiver rigoureux de Qingzhou. Sur les conseils de mes collègues, j’ai acheté un gros manteau aux plumes de canard, des sous-vêtements épais, une écharpe en laine et un masque blanc. Ca y est, je suis équipée pour affronter un long hiver de 4 mois. La température va chuter jusqu’au –15°C ! La seule consolation est la présence généreuse du soleil pratiquement tous les joirs.
Les gens d’ici commencent leur travail dès 7H20 à cause de la courte journée. Les balayeurs rassemblent les feuilles tombées en petit tas, puis les faire brûler dans la rue. C’est surprenant de voir des petits tas des feuilles tout au long de la rue. Et personne s’étonne de voir la fumée partout. Il n’y a pas de voiture comme en France qui ramassent des feuilles en les broyant. L’air est quelques fois difficilement à respirer à cause de la fumée de charbon ou des feuilles. Je tousse de temps en temps sans gravité. Tout le monde me dit que je vais m’habituer peu à peu à la pollution du charbon, du tabac et de la poussière. Mon poumon était sans doute devenu français, maintenant il faut recommencer à m’habituer à cet air qingzhoutèsque.
Dans notre appartement, nous attendons sagement la mise en marche du chauffage collectif le 1er Décembre. L’électricité est onéreuse en Chine. A part les grands magasins et restaurants, l’éclairage dans les bureaux ou chez les habitants reste le strict minimum. Dimanche dernier Xu et moi avons passé la journée dans l’unique librairie de Qingzhou. C’est un lieu presque bruyant. Des jeunes élèves en groupe étaient là pour lire entre rayons. Ils discutaient entre eux à vive voix. Nous allons dans cette librairie non chauffée aussi souvent que le temps nous permet. Mais il n’est pas facile de choisir des livres, nous n’avons que la lueur du jour. Cela n’a pas l’air de déranger qui que ce soit. Je respecte bien sûr l’idée des économies malgré le froid. En effet je suis née dans le sud de la Chine et ai vécu pendant 20 ans toujours dans le sud de la France. Je plaisante avec mes collègues « Mais pourquoi doit-on travailler ou vivre dans un frigo ? » Ils éclatent de rire en me disant que ce n’est qu’un début !
Alors je me couvre comme je peux par crainte d’être malade. Je ne me sens pas à l’aise dans cette tenue. Mais tant pis !
Je bois énormément de thé pendant les heures de travail. Pourtant j’ai apporté du café soluble depuis la France. Le matin nous prenons notre petit déjeuner au café. Devant les informations nationales. Et au bureau tout le monde a sa tasse de thé. Moi aussi j’ai la mienne. Il n’y a pas de machine à café en Chine dans le couloir. Pour faire du thé, on va chercher de l’eau chaude dès l’arrivée au bureau. Petit à petit je prend de moins en moins de café. Ce détail n’a échappé à personne. Je suis moi-même étonnée de la vitesse d’abandon de mes habitudes françaises. Il y a à peine un mois et demi je buvais 4 grandes tasses de café par jour ! Je me sens maintenant moins stressée malgré la lourde tache de gérer une équipe. La vie d’ici est beaucoup plus rude qu’en France mais les gens ne se plaignent pas du matin au soir.
Peut-être le thé est-t-il le bienfaiteur dans la vie des gens ?

dimanche 29 octobre 2006

Canard au gingembre

1 filer ou 1 cuisse de canard/per


A. Cuisson de préparation:

1.Faire bouillir l'eau chaude, puis mettre des filets ou des cuisses de canard pendant 10mn. Cette opération est pour but d'enlever une partie de graisse et de faire sortir les racines de poils.
2.Sortir les canards, puis enlever les poils jusqu'aux racines à l'aide d'une pince à épiler.
3. Suivre la recette de " Beuf aux 5 parfums" en premier.
4.Mettre les canards dans le bouillon de 5 parfums préalablement réchauffé à feu vif.
5.Dès que la sauce frémit, baisser le feu au moyen. Enlever l’écume. Le temps de cuisson est variable selon la quantité. Il est simple de le vérifier avec une baguette. Piquer dans la viande. Si la viande est facilement à percer, alors arrêter le feu immédiatement et laisser refroidir la viande dans la sauce. (Estimation pour deux cuisses de canard: 30mn environ.)

6.Coupez la viande avec la peau en petite tranche, une fois qu’elle est bien froide et seche. Sinon la viande risque de partir en miette pendant la cuisson.

B. Réalisation du plat:

1. Couper un blanc de poireaux en grosses lamelles, poivron rouge en carré.
2. Chauffer 2 c. à soupe de l'huile de tournesol, mettre immédiatement un peu de poivre de Sichuan ( 10 grains environ ), gingembre frais ( coupé en lamelle ) et purée de piment (facultatif).
3. Dès que le parfum se dégage sans brûler le gingembre, mettre tous les légumes dans le wok. Mélanger le tout pendant 2 mn.
4. Rajouter les tranches de canard avec le reste pendant 2 mn.
5. Préparer la sauce à part:
une pincée de sel
1 c.à café de vin de cuisine
une pincée de sucre selon goût personnel
un soupçon de sauce de soja aux champignons pour coloration
6. Verser la sauce dans le wok. Mlanger le bien, goûter le plat pour voir si c'est assez salé. Attention: goûter un bout de légumes et un canard.
7. Sortir le plat, servir immédiatement.

Note: Ce plat peut être préparé d'avance. Il suffit de faire sauter le tout au dernier moment.
C'est mon amie de longue date Denise qui m'a incité via Internet à écrire cette recette.
Elle est fun de la cuisine chinoise et de la Chine tout court. Elle habite à Vanne où il fait froid en hiver.
Je lui souhaite la bonne réalisation de ce plat en espérant que ses amis l'appréciront.

samedi 28 octobre 2006

Salade aux 3 couleurs

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Salade aux 3 couleurs

Faire tremper les vermicelles de soja dans de l’eau chaude quelques minutes;

Mettre les vermicelles dans de l’eau bouillante pendant 5mn, puis lorsque l’eau rebout, les sortir et les mettre dans de l’eau froide

Coupez les légumes en julienne

Dans un saladier, mettre les vermicelles de soja, puis le choux vert, un peu de carotte et mélanger le tout

Pour la sauce, mélanger 1 cuil. Soupe huile de tournesol + 1 cuil. Café sucre + 2 cuil. Café vinaigre de riz blanc + 1 pincée de glutamate(facultatif) + 1/2 cuil. Café huile sésame

Goutez la salade : si l'aspect n'est pas suffisament briallant, il faut rajouter de l’huile

Au moment de servir, Rajoutez les feuilles de batavia(coupées en lamelles) puis salez

A noter

: ne pas faire cette salade longtemps à l’avance, car au bout d’1/2h, le chou devient amer

Variantes

:

Peut se faire avec d’autres types de salades (hors laitue)

Peut se faire avec du chou rouge

A la place de la carotte, possibilité de mettre du concombre, des champignons de paris tranchés en lamelles, du navet …

Possibilité de rajouter de la coriandre ou de la menthe ciselée

vendredi 27 octobre 2006

La Fête de la Lune

La ville de Qingzhou, Shandong

1er Octobre 2006

Aujourd'hui c'est la Fête Nationale.

Cette année elle coïncide avec la traditionnelle Fête de la Lune(le 15 août du calendrier lunaire). Les chinois ont droit à un jour de congé officiellement, mais en choisissant de travailler deux week-ends de suite, ils récupèrent une semaine de repos. Fraîchement arrivée à Qingzhou, je travaille jour et nuit pour le démarrage de la nouvelle socièté. Je suis aussi tentée de retourner à Chengdu ou à Chongqing, parce que Xu et moi n'avons pas passé cette fête avec nos familles respectives depuis plus de 20 ans. Ce serait super d'aller au Sichuan pendant ce temps-là. 

La Fête de la Lune est très importante symboliquement dans la vie des gens. La rondeur de la Lune représente l'Union, la Famille et la joie de la Récolte. Tous les chinois croient que la Lune de son pays natal est plus claire qu'ailleurs. Moi aussi j'ai envie de voir mes parents,mes amis et ma ville. Mais rapidement nous sommes découragés par l'idée de trouver un billet d'avion. Depuis quelques jours tous les trains et avions s'affichent complets, alors que le travail nous attend.

Bon,on verra ça l'année prochaine.

Mes collègues de confection musulmane nous ont apporté des gâteaux de Lune hier soir. Je les ai dégusté avec plaisir. C'est la première fois que je goûte des gâteaux aux fleurs de rose. Il y a 26 éthenies minorités nationales dans la ville de Qingzhou. Mon Directeur de Vente est de HUI. Je vais visiter des villages tout autour petit à petit. La ville est entourée de campagne, on voit des serres à la perte de vue. Les payasans vendent des légumes et des fruits partout en Chine.

Je suis vraiment contente de croiser des paysans en ville. Ils sont paisibles et souriants en vendant des jujubes, pommes et poires au bord de la route. En cette période de l'automne, ils attendent patiemment des clients sans déranger des passants. Parfois j'entame la discussion avec eux en achetant des marrons grillés ou des brochettes de melon précoupées. Et on rit ensemble au bout de 2 minutes car leur dialecte est très marrant. Parfois j'ai l'impression d'être sourde. Je comprend 30% de ce qu'ils me racontent! Et le reste? je devine à peu près. Par contre je lis sur leurs visages certaine sérénité.

Pour le moment nous n'avons pas de voiture, mais j'ai très envie d'aller à la campagne. Elle est sûrement différente de celle du Sud. Au marché les gens ne marchandent pas du tout. Mes collègues m'ont expliqué qu'il n'y a pas de touristes dans la ville, alors aucune raison de jouer avec des prix. Après avoir visité pas mal de villes en Chine, je sais qu'on marchande durement sinon on risque d'être traité comme des étrangers. Par ailleurs je trouve que ce serait indécent de marchanter avec des paysans. En tout cas je n'ai aucune envie de marchander.

En sortant de l'hôtel, j'observe les gens dans la rue. La ville est animée, bruyante et agitée du matin au soir. Il y a beaucoup de boutiques et de restaurants. Les gens sortent des magasins chargés des emballages rouges. Je devine que ce sont des boîtes d'alcool blanc, des gâteaux de Lune ou d'autres présents. C'est une période qu'on offre des gâteaux aux amis. Plusieurs collègues nous ont apporté des friuts, du thé et du vin"made in China"! Ils commrennent pas du tout notre choix de venir travailler à côté d'eux...

Depuis le centre ville on entend maintenant des pétards et des cris de joie. Un parfum de papier brûlé flotte immédiatement dans l'air. Je respire profondément cette senteur retrouvée en fermant les yeux. Depuis combien de temps je ne suis plus parmi les chinois ? Et combien d'années d'attente pour pouvoir respirer l'odeur de la Chine ? Quand j'étais en France, je me noyais dans le travail pour atténuer la nostalgie. La Fête du Printemps, la Fête de la Lune et bien d'autres, je les ai oubliés volontairement ou alors je me souvenais de temps en temps quand la télévision française en parlait. Mes journées étaient souvent divisées par trois ou quatre activités. J'étais tellement fatiguée chaque soir que les fêtes chinoises m'éloignaient petit à petit.

A quoi bon de se faire du mal? mon mari me le répétait souvent.La Chine était sur une autre planète, n'est-ce pas?

La foule, les vélos, et les bruits des animations m'attrapent soudainement, accompagnés de ce délicieux parfum de pétard.

Je me sens bien parmi les miens.

J'ai envie de sourire à tous les passants.

mercredi 16 août 2006

Boeuf aux cinq parfums

 Sucre glace chinois en morceau  Gingembre coupé en grosses rondelles  4 Cardamone chinoise entière  Graines de coriandre  Graines de fenouil  4 grands batons de Cannelle  1 poignée de Poivre Sichuan Paleron de boeuf  Sauce soja noir  Vin de riz de cuisine

  • Mettre dans un wok un peu d’huile de tournesol et faire chauffer
  • Rajouter le sucre glace (3 gros morceaux) et le faire fondre
  • Mettre le gingembre et le poivre de sichuan
  • Faire chauffer de l’eau chaude à part (de telle façon à ce que la viande soit recouverte plus tard) et mélanger à la sauce
  • Rajouter la cannelle (4 grands batons), noix cardamone (4 graines)
  • Dans une compresse stérile, mettre une poignée de graines de fenouil et une poignée de graines de coriandre. Fermer la compresse de telle façon à ce que les graines ne puissent pas s’échapper et ajouter le à la sauce
  • Rajouter du sel, Sauce soja noir et vin de cuisine.
  • Faire chauffer de l’eau. Une fois chaude, ajouter la viande coupée en grosse tranche et laisser cuire jusqu’à ce que de l’écume se soit formée.
  • Enlever l’écume et rajouter la viande dans la sauce.
  • Couvrir et faire bouillir à feu fort. Une fois que cela bout, baisser le feu au minimum et faire cuire au moins 1h
  • Pour savoir si le bœuf est cuit, planter la baguette dans la partie grasse à cela doit être très tendre
  • Arrêter le feu et laisser refroidir la viande dans la sauce.
  • Coupez la viande en fine tranche une fois qu’elle est bien froide

Vous pouvez servir les tranches de viande avec ou sans sauce. Vous pouvez également ajouter des épices pour renforcer les saveurs.

  • La sauce peut être congelée en enlevant la graisse auparavant
  • Si réutilisation de la sauce, ne pas oublier de rajouter des épices
  • Faire toujours la sauce au départ avec du boeuf

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mercredi 05 juillet 2006

"LE DESERT DU NORD" ( P.6 et fin )

Mon chat Léo

" Wen-you !"

La lumière de la cuisine à l'étage me paraissait pâle aujourd'hui. D'habitude il suffisait que je crie son nom, mon amie montrait aussitôt son nez à la fenêtre. Sachant que ses parents ne voulaient nous laisser sortir, j'avais trouver l'astuce d'un mensonge infaillible.

" Nous allons faire des devoirs ensemble chez moi. " Lui répétais-je.

Après une longue discussion, sa mère était toujours d'accord de nous laisser sortir. Puisque nous avions des bons résultats à l'école. Sa mère m'accordait la totale confiance. Bien sûr que nous en l'avions abusée. Le cinéma était tellement près que nous ne pouvions pas ignorer les sonneries du début d'une séance. A peine sortie de la maison, nous allions harceler le gardien du cinéma pour qu'il nous laisse entrer sans payer. De temps en temps ça marchait. Alors assises dans le noir, nous savourions un moment d'évasion. Nous étions heureuses toutes les deux. Même si c'était des films de propagande qu'on avait vue et revue...

C'était là ma maison aussi où j'avais passé quelques années de ma vie. L'immeuble était le même. Les briques rouges étaient devenues plus foncées à cause de la fumée de charbon. Ces 3 étages étaient remplis des familles ayant un ou deux enfants. Wen-you devait rester avec sa famille car elle avait un frère de moins que moi. Nous avions déménagé au Désert du Nord.

Je montais les escaliers en comptant systématiquement les neuf marches. Des grosses gouttes de sueur sur le front, mon chemisier jaune me collait à la peau. J'étais trempée.

" Wen-you ! "

" Wen-you ! "

Pas un bruit.

Une voisine sortit sa tête, surprise de me voir devant la porte.

" Tante Yang, où est Wen-you ? Pourquoi il n' y a personne ? "

" Tu ne sais pas ? Wen-you a disparu ! Ses parents la cherchent depuis hier soir ! "

" Non ! Personne ne m'a dit quoi que ce soit !"

Une angoisse me montait dans la poitrine, j'avais mal au cœur. Ne pouvant comprendre ce qui se passait, je laissais les explications de la voisine derrière moi. Je sortais l'immeuble en hurlant " Wen-you !" Dehors je ne voyais pas mon amie ni ses parents. Un pressentiment désagréable m'envahissait. J'avalais d'un coup la salive d'une amertume inoubliable. Et j'allais alerter mon père et ses camarades de l'atelier. Il fallait retrouver Wen-you au plus vite.

Heureusement l'usine était à deux pas. En un clin d'œil, je me présentais devant le minuscule bureau du gardien. Il me connaissait et prit son téléphone aussitôt.

Je croisais encore des gens du Désert en attendant mon père devant la porte de l'usine. Les gens descendaient du vélo pour saluer le gardien, une fois la porte passée ils remontaient immédiatement sur les vélos. . Certains commençaient à courir pour être à l'heure, d'autres prenaient le risque d'être punis à cause du retard. On dirait que le ciel pouvait tomber sur leurs têtes, de toute façon ils avaient l'air insensible d'une éventuelle punition. Les usines fonctionnaient comme l'armée. Les chefs ne rigolaient pas du tout avec des retardataires. Ils avaient le pouvoir de retenir une partie de leurs salaires. Et les noms de ces " incorruptibles " pourraient être affichés au tableau du grand portail de l'usine.

" Pourquoi t'es là ? Tu dois partir à la gare très tôt. " Criait fort mon père.

" Wen-you a disparu ! "

Elle connaissait pourtant mon heure du départ.

Les recherches n'avaient rien donné. Maintenant toute l'usine était au courant de cette disparition. J'avais décidé de ne pas partir sans les nouvelles de Wen-you. Mais au bout d'une semaine, mon école allait commencer les cours. Je devais prendre le train et abandonner cette attente interminable.

J'arrivais à Chongqing avec un cœur très, très lourd, comme s'il y avait un vide. Je n'étais pas du tout souriante et n'avais pas non plus l'envie de parler avec mes camarades de chambre. Personne ne savait que j'étais triste au plus profond de moi.

Début septembre il faisait encore très chaud à Chongqing. En moyenne 35°C à l'ombre. Cette ville était réputée à cause de la température assez élevée. Chongqing, Nanjing et Wuhanun étaient appelées les Trois Grands Fours de Chine. Je découvris alors un ciel plus haut qu'à Chengdu, des brumes du matin venant du Long Fleuve, une ville étendue mais sans vélo. Mon apprentissage de la langue française commençait avec un son qui m'amusait beaucoup. C'était " oui, oui, oui ". Trois voyelles en fermant la bouche, disait le professeur. Toute la classe trouvait que le Français était pour les timides, alors nous rions en disant que nous étions des timides de l'école !

Une autre chose intéressante pour tous les étudiants étaient la distribution des courriers. Moi aussi je guettais les nouvelles de Chengdu. Puis un jour, un camarade de classe m'avait tendu un télégramme en me fixant les yeux.

Une ligne d'environ 10 mots sautait dans mes yeux.

" Wen-you suicidée sur les rails de la Gare de l'Est le 20 août. " Signé papa.

Les larmes coulaient silencieusement sur mes joues. J'avais l'impression d'avoir plein de coton dans ma gorge. Je ne sentais pas la chaleur autour de moi. J'avais froid dans le dos. Saisie par une grande douleur en relisant ce télégramme, mes yeux étaient remplis de désespoirs. " Non ! C'est pas vrai ! " Wen-you, mon amie ! Comment toi, une fille de 17 ans, si rigolote, si belle et si gentille pouvait se coucher sur des rails de cette gare de marchandises ! Cette gare qui m'était si familière avec sa lumière bleutée. " Est-ce la dernière lueur dans tes yeux ? " ...

Milles questions superposaient les une sur les autres, mais personne ne pouvait me donner une réponse ! Je n'avais pas d'argent pour téléphoner à la poste ni le nécessaire pour acheter un billet de train. J'essayais de me retenir en saisissant ce petit bout de papier dans la main. En vain. L'émotion était si forte que je ne pouvais ouvrir ma bouche. D'ailleurs personne n'était capable de partager avec moi cette nouvelle si cruelle.

Personne à Chongqing ne connaissait Wen-you. Et personne ne pouvait m'expliquer la mort de mon amie d'enfance. Pourtant nous étions prêtes à grandir et avions soif de vivre et de connaissance.

Nous sommes en 2006. La canicule est bien présente partout en France. Loin de mon pays j'ai écrit ces lignes à la mémoire d'une chère amie disparue il y a 26 ans.

Je n'ai pas de photo de Wen-you. Juste une des deux photos de mon enfance (moi et ma petite sœur) devant la boutique de photo du Desert du Nord.

lundi 03 juillet 2006

"LE DESERT DU NORD" ( P.5 )

A la lueur d'une nouvelle journée, l'air restait irrespirable. En levant le menton vers le ciel gris et chargé, je me disais que l'orage n'allait pas tarder à éclater. Je creusais ma tête en cherchant des mots. Que pouvais-je dire de plus à Wen-you ? Depuis les résultats du concours, j'avais trouvé des mots pour d'autres camarades de classe, mais il m'était impossible de consoler ma meilleure amie.

Nous ressentions toutes les deux la ligne de séparation...

Les ouvriers se convergeaient maintenant en masse vers l'Usine N° 970. La plupart d'entre eux avaient leurs bleus de travail avant l'arrivée. Scellés sur les vélos noirs, ils bavardaient entre copains ou avalaient le dernier bout d'une brioche.

" Quand partiras-tu pour Chongqing ? " L'un d'entre eux me lançait.

" Aujourd'hui ! "

" Bon voyage alors ! "

Je croisais des paysans venant de la proche banlieue. Ils arrivaient assez tôt au marché afin d'écouler leurs productions dans la journée. Certains pouvaient passer la nuit à côté de leurs poulets ou autres marchandises. Avant la tombée de la nuit ils retournaient chez eux avec du sucre, des tissus ou de la sauce de soja.

Nos usines et habitations avaient grignoté petit à petit la jolie campagne. Je voyais de moins en moins des nouilles séchées en plein soleil dans les champs. De petites maisons en argile battue disparaissaient aussi. Les paysans étaient obligés de vendre leurs propres légumes, volailles et œufs. A cette époque, l'Etat se chargeait d'acheter leurs récoltes de céréales au prix fixé par l'Etat. Quand les paysans tuaient un cochon, ils devaient donner la moitié à l'Etat. S'ils ne consommaient pas tout le reste, alors ils avaient le droit d'en vendre en ville.

Le Désert du nord avait son propre marché qui était à la fois grand, vivant, coloré et bouillonnant. Il était fréquenté essentiellement par des ouvriers de notre usine. Mais en 1970, la ville avait construit un pont en béton qui enjambait le fleuve du Sable. Un fleuve sauvage et rempli de sable fin d'où vient son nom. Le courant du fleuve faisait peur même aux bons nageurs. De temps en temps on entendait des histoires de noyade. Des fois, j'étais obligée de rentrer tard à la maison avec mes parents en longeant ce fleuve. Je n'osais pas dire que ce fleuve m'angoissait. Ses bruits étaient tout simplement saisissants. Il coupait outrageusement le Désert du Nord et l'ancienne ville, mais aussi avalait des gens.

Avec Wen-you nous avions vu de très près une malheureuse qu'un bateau de sable avait sorti du fleuve. C'était un bel après-midi au printemps. Wen-you et moi allions au marché pour acheter des germes de soja jaune. Chacune avait un panier de bambou sans anse à la main. Nous marchandions avec des vendeurs. D'un coup de mouvement de foule, nous voyions des gens se précipitant vers la berge du fleuve. Un bateau de sable était stoppé net au milieu du fleuve. Deux pêcheurs s'agitaient énergiquement. Quelque chose de grave ? Nous courrions pour voir par curiosité. Comme tout le monde. La foule était dense mais sans marque d'émotion. Des voix murmuraient que c'était une malheureuse mais certainement une contre-révolutionnaire. Les mains de la malheureuse étaient attachées solidement derrière son dos.

C'était une jeune femmes de 25 ans peut-être. Son visage était couvert de terre et de sable. J'apercevais qu'elle n'avait qu'un chemisier de couleur clair et un pantalon noir. Sans chaussures aux pieds, son visage et ses pieds étaient bien gonflés. D'une blancheur terrifiante. Quelqu'un disait qu'elle avait certainement été précipitée dans le fleuve, immédiatement un autre répliquait que ça pouvait être un suicide aussi.

Ce jour là c'était la première fois que nous voyions la mort de si près. Nos n'avions pas parlé de cet événement entre nous. La vue de ce cadavre nous avait enfermés dans une crainte. Chaque fois nous passions à côté de cette berge, nous avions dans nos têtes cette jeune femme. Bien des années plus tard, je retournais au même endroit. En contemplant la berge aménagée, des petites maisons de thé ici et là, je me sentais triste. Au milieu des rires et toujours les mêmes marchandages avec des paysans sur le marché, qui se souvient de ces années où des vies innocentes ont été dévorées par ce fleuve ?

Après l'inauguration en fanfare, ce nouveau pont était devenu un trait d'union que notre marché avait pris d'assaut. Toutes sortes de légumes, viandes, poissons d'eau douce, la farine de blé ou le riz de la nouvelle récolte étaient entassés et alignés dans des paniers en bambous. Nous avions la chance d'avoir un marché tout près du Désert du Nord. J'adorais faire la commission au marché car les produits étaient infiniment plus beaux que ceux des magasins d'état. Aller toucher des beaux légumes et fruits, marchander avec des paysans et remplir mon panier étaient un pur plaisir. Autrefois il nous fallait contourner au moins un km pour aller au cinéma ou rendre visite aux amis de l'ancienne ville..

Quelques fois le soir avant la tombée de la nuit, j'y retournais seule ou avec mes parents pour trouver les dernières bonnes affaires. Les paysans ne ramenaient jamais leurs marchandises à la campagne. La ligne de bus N° 6 passait devant le Désert de Nord jusqu'à la gare de la Porte de Nord. La route menait jusqu'au quartier du Pont des Neuf Yeux vers le sud. Les arrêts de bus sous les ombres des platanes français étaient très espacés. Le prix d'un ticket coûtait 4 centimes. Je ne prenais jamais le bus pour joindre mon amie. C'était trop cher.

Aujourd'hui je n'avais pas envie de m'attarder sur le marché de paysan. Je devais retrouver au plus vite Wen-you.

mardi 27 juin 2006

"LE DESERT DU NORD"( P.4 )

Le Désert du Nord s'était réveillé.

En face de mon immeuble, des eucalyptus dressaient leur dos comme s'ils faisaient de la gymnastique douce matinale. Par des petits groupes de trois, quatre personnes, les gens sortaient de leurs portes et commençaient à courir le long de la route. Dans la brume certains balançaient simplement leurs membres du corps, d'autres avaient des sabres ou des épées à la main. Les haut-parleurs étaient accrochés sur ces jeunes arbres à côté des lampadaires. Il y avait assez de pluie à Chengdu. Par soucis d'économie, l'usine avait planté des eucalyptus partout. Ils servaient de séparation avec l'usine voisine. Il n'y avait que les fumée noires de l'usine qui dépassaient ces plantations. Un petit muret était construit en guise de marquage.

Du haut de mon 5 ème étage, j'observais les gestes et faits de mes joyeux voisins. Les haut-parleurs diffusaient " l'Orient Rouge " tous les matins. 365 jours par an. Pour la gloire du président MAO, ces haut-parleurs avaient continué à diffuser cette chanson après sa mort en 1976. J'étais persuadée que j'avais grandi avec cette mélodie. Elle faisait partie de ma vie. Quand je n'étais pas malade, je courais aussi avec mes voisins. Malheureusement les moments étaient rares, trop rares.

Après cette chanson, quelques informations du pays et du Tiers Monde. La voix monotone du présentateur résonnait dans le ciel sans se soucier des ouvriers ayant travaillé toute la nuit. On annonçait de bonnes nouvelles : la meilleure récolte de riz ici et là ; la Chine produisait suffisamment de pétrole etc. Papa avait l'habitude d'allumer la radio pendant que maman préparait une soupe de riz pour le petit déjeuner. Il surveillait tous les jours les informations de la Radio Centrale. Spécialement aux énoncés de la listes changeante des dirigeants du gouvernement. Je ne prêtais pas du tout attention à ce genre d'information. D'une part je ne les connaissais pas, d'autre part je ne voulais pas savoir l'importance des politiques, s'ils étaient au premier ou 2 ème rang derrière le Premier ministre.

J'enfilais une robe et courais en direction de Wen-you.

Je savais qu'elle était triste même qu'elle envisageait de repasser le concours l'année suivante. Une immense pression s'abattait sur ses épaules. Les parents, les professeurs et les voisins voulaient la consoler. Mais la perspective du travail à l'usine l'effrayait terriblement. Elle avait perdu son beau sourire.

Un sourire que je n'avais pas vu lorsqu'elle m'avait offert cet album photo hier.

Je me sentais coupable d'un coup. J'étais emportée par la joie en recevant la précieuse lettre de mon école. J'allais laisser la ville de Chengdu sans me rendre compte de la tristesse de Wen-you. C'est vrai que nous avions évoqué maintes fois de faire des études ensemble. Jamais un échec. Mon amie était une élève brillante et sérieuse. Il lui manquait 5 points sur le barème de 310. Le seuil d'être recrutée par une grande école. Cette année-là je faisais partie de ces 2% de jeunes garçons et filles chinois.

Wen-you allait se relever. J'en étais sûre.

"LE DESERT DU NORD "( P.3)

Mon train ne partira que dans l'après-midi. Ma valise était posée au milieu de la chambre.

A l'intérieur j'avais mis quelques romans classiques, deux dictionnaires et des romans français traduits par des plus grands traducteurs chinois et bien sûr un peu de vêtements. Je n'avais jamais entendu un mot de français de ma vie. On m'avais dit que c'était la plus belle langue du monde, rapide et compliquée. C'était tout ce que je savais. Aurais-je la chance un jour de rencontrer un français, un vrai ? Pas sûr. Alors pourquoi choisir cette langue inconnue? C'était un choix convenu. Avant de me présenter au concours, je devais remplir les formulaires de choix des écoles et des disciplines. Un casse-tête chinois quoi. On se renseignait en essayant de ne pas se tromper de direction. Puisqu'une fois décidée, on n'avait plus de possibilité de changer d'avis.

Une grande discussion à table s'imposait sans la présence de ma sœur et de mon petit frère. Je voulais étudier la littérature chinoise mais à une seule condition : quitter Chengdu. Je ne connaissais pas mes raisons. Mes parents devaient céder devant ma détermination d'adulte. Alors ils m'avaient demandé d'un air grave de ne jamais suivre leurs traces, c'est-à-dire faire des études de chinois ou de philosophie. Ils ne me donnaient aucune raison à cela. A cette seule condition je pourrais choisir une autre ville.
Le français ? Parce que je dévorais les auteurs comme Hugo, Balzac, Mérimée ou Flaubert. Je me disais que c'était tout de même la littérature. J'allais y parvenir en suivant un chemin contourné. Chinoise ou française, ce serait la littérature! Pourvu que je ne serais pas déçue au bout de 4 ans!

Ce deal entre nous sonnait comme la fin de ma vie antérieure. Et les barrières de mon avenir étaient bien plantées. Je ne comprenais pas du tout les interdictions parentales. Qu'importe ! J'allais quitte la ville de Chengdu. J'avais gagné mon pari trois mois après avoir rempli les formulaires. Demain une nouvelle vie commencerait à 300 km  de Chengdu. 

Mon regard s'attardait sur un album photo couvert de soie rouge. J'ouvrais la première page. Pas de photo dedans. Sauf une écriture timide avec un nom " Wen-you ". Les papiers cartons étaient rigides et noirs. Entre deux couches épaisses, il y avait des papiers de riz qui servaient d'intercalaires, ils étaient beaux, blancs, fins et presque transparents. Très agréables au toucher. Je collerais des petites photos plus tard car pour le moment je n'en avais aucune en ma possession. Un album pour l'avenir. Je n'avais pas de photos de Wen-you ni de nous deux. Enfants, nous n'avions pas d'argent de poche. Aller nous faire photographier dans l'unique boutique du quartier n'était qu'un rêve. Combien de fois nous étions passés devant la vitrine du vieux photographe. Les photos exposées étaient lumineuses, les sourires étaient figés mais charmants. Il y avait des portraits d'enfant et de jolies filles avec leurs longues tresses. Moi j'étais fascinée par les accessoires, et Wen-you préférait les photos de famille. Devant la boutique nous avions fait et refait des commentaires un peu vache en riant.

Avoir Wen-you comme amie était une vraie chance. Nous avions grandi ensemble depuis la garderie. Nos pères travaillaient dans le même atelier de soudure. Son père était le comptable de l'ancienne école. Avant le déménagement au Désert du Nord, nous étions très proches. Nos appartements étaient mitoyens. Bien sûr c'est un mot trop sérieux " appartement ". Nous préférions le thème de " chez moi ou chez toi ". C'était des chambres d'étudiants sans sanitaire transformées en habitation. 15 m² par foyer. Une grande pièce. La cuisine se faisait dans le long couloir mal éclairé. Chacun allumait son feu de charbon troué et séché. La fumée envahissait régulièrement l'immeuble. Tout le monde toussait en avalant la fumée et profitait aussi des disputes de couple, des pleurs ou des rires d'enfant. Les voisins étaient au courant des menus servis, quelques fois échangeaient des plats. Wen-you et moi finissions souvent nos repas chez l'une ou l'autre. Il suffisait de prendre son bol et de s'asseoir à table. Sa petite sœur avait le même âge que la mienne. Sa maman était institutrice dans une petite école appelée " le Temple de la Lumière Sacrée ". C'était la nôtre. Je crois que mon école a toujours gardé ce nom, même pendant les années de folie où on détruisait tout ce qui était ancien. La ville avait procédé à un tas de changements de noms : les rues, les hôpitaux, les écoles etc. Nous n'avions guère choix d'avoir des noms révolutionnaires. " Rue Nouvelle Chine, Avenue Anti-impérialisme, Ecole de Libération " au lieu de " rue de Casserole, avenue de la Porte du Sud ou école de Mille bonheurs" etc.

Nous étions scolarisés avec des enfants de la campagne aussi. En échange du terrain, l'usine acceptait les enfants de paysans dans sa nouvelle école. Plus tard certains avaient été embauchés par l'usine comme gardiens ou femmes de ménage. Je n'avais pas du tout de nouvelles de ces enfants. Certais avaient abandonné les études après l'école primaire...

Avant mon départ j'allais aller dire " au revoir " à Wen-you. Son cadeau me touchait. J'allais lui réclamer une photo.

Wen-you avait échoué au concours.
Elle serait une ouvrière à 17 ans. Avec sa silhouette de danseuse et ses doigts fragiles, je me demandais comment elle allait tenir. Nous avions juré de ne pas rester ouvrières dans la même usine que nos parents. Nous avions soif de connaissance, de livres et d'espoir.

A présent j'entendais du bruit de mon immeuble. De tous les immeubles. Il était 6H30 du matin.

"LE DESERT DU NORD" ( P. 2 )

Les jours et les années passaient. Je étais habituée à cette vie tranquille sans beaucoup d'amis. Sauf j'avais des gros problèmes de santé.

Des fois je descendais rejoindre quelques enfants. Il y avait des garçons et des filles de tous âges. Nous n'avions pas de jouets, mais avec une grosse corde nous faisions des équipes de 5 à 10 personnes. Soit nous sautions à la corde, soit dans les carrés au sol marqués aux craies. Avec des osselets de cochons ou des bouts de bambou, nous jouions aussi aux mikados. Les livres étaient rares. En dehors des livres scolaires ou des romans révolutionnaires, nous n'avions pas de livres de loisir. Les professeurs faisaient régulièrement la chasse aux livres interdits à l'entrée des salles de cours. Ma maman y participait aussi. Les livres recherchés étaient en général recopiés à la main par des inconnus. Nous ne comprenions pas grand chose de ces histoires d'amour assez crues. Bien souvent nous faisions le bloc devant l'insistance des professeurs. Nous avions des cachettes que seuls les plus âgés connaissaient l'endroit. Moi aussi je les lisais en cachette car j'admirais les belles écritures anonymes.

D'un pas vacillant je m'avancais dans la cuisine. J'avais soif.

La grande tasse de thé était posée sur la table à manger. Papa adorait le thé froid de la veille. Maman disait souvent que c'était mauvais pour la santé en nous l'interdisant. Je profitais de ce fond de tasse, d'une gorgée sachant que papa allait chercher le ou la coupable dès son réveil.
Ma dernière gorgée de thé froid à la maison.

Dans quelques heures j'allais prendre le train pour une autre destination. A 17 ans c'était la première fois que je quittais ma famille, mes amis et mon quartier. J'avais réussi le concours d'entrée à l'Ecole Nationale supérieure des langues étrangères du Sichuan à Chongqing. Mes parents étaient fiers de mes résultats du concours. Ils étaient tous les deux professeurs. Papa enseignait la philosophie et maman le chinois. Comme tous les parents chinois de cette époque, ils n'avaient plus d'espoir pour eux même à 40 ans. Abîmés et usés par la politique et la vie, ils m'obligeaientnt à montrer l'exemple parfait vis-à-vis de ma fratrie. A la fin de la Révolution Culturelle, le seul but de leur vie demeurait à accompagner leurs trois enfants jusqu'à la porte des grandes écoles.
La revanche de la vie, peut-être.

Au dîner familial papa s'éait montré ému mais retenu. J'avais remarqué qu'il avait les larmes aux yeux. Il me semblait qu'il avait avalé ses mots et pas la bonne nourriture.

Je étais la seule fille du " Désert du Nord " ayant obtenu le billet d'entrée à une autre vie. J'allais pouvoir échapper la future vie d'ouvrière de mon quartier comme tous mes amis d'enfance. Cet événement avait mis la lumière sur mes parents. Ils avaient commencé leurs carrières d'enseignants en 1960. A cause de la Révolution Culturelle, leur ancienne école de l'électricité avait dû fermer la porte. Et pour des raisons stratégiques, le gouvernement avait entrepris des déménagements d'usines sensibles vers la région sud-ouest du pays. Les mutations avaient débuté dans les années 70. Des milliers d'ouvriers de Shanghai, Nanjing ou d'ailleurs débarquaient petit à petit avec leurs familles à Chengdu. Essentiellement dans la banlieue Est de la ville.

En 3 mois l'école de mes parents s'était transformée en une usine de l'armée. Tout le quartier était interdit aux étrangers. Même s'il n'y en avait jamais eu un. Ces panneaux aux abords de notre vie ne semblaient pas déranger qui que ce soit. Ils faisaient parti de ces interdictions auxquelles nous nous étions habitués. Maman était devenue professeur de lycée de son unité de travail. De toute manière, personne n'étudiait la littérature étrangère. Et papa avait endossé le bleu de travail. Sans broncher il chevauchait tous les jours sur son vieux vélo pour rejoindre ses frères ouvriers dans un atelier de soudure. Toutes les unités de travail portent des numéros, comme 402, 534 etc.

A la mort du président MAO en 1976, mes parents nous disaient de reprendre les travaux d'étude à la maison. Trois ans de rattrapage intensif en famille. Il fallait récupérer le temps perdu...

Maintenant l'horizon lumineux me souriait dans la nuit.

Demain j'allais partir à Chongqing.

"LE DESERT DU NORD" ( P.1)

Chengdu, l'été 1979. 4H00 du matin.

La chaleur étouffante du mois d'août restait dans ma petite chambre. Les rideaux restaient immobiles malgré les fenêtres ouvertes. Pas un brin d'air. Nous vivions dans une cuvette entourée de grandes montagnes et de fleuves à Chengdu. Dans les livres de géographie, la riche région de Chengdu est appelée " le Bassin de Chengdu ". Les moustiques aux pattes longues et fleuries ne parvennaient pas à atteindre ma chambre. Au 5ème étage. Comme tous les soirs je dormais par terre sur une natte en bambou. Je préférais la dureté de mon " lit " de fortune que la vue de notre grand lit. Pas très loin, la gare des marchandises grondait à voix basse. Combien de kilomètres me séparaient de cette gare proche et éloignée en même temps? Je n'en saivais rien. Mais j'apercevais cette lumière bleutée de la gare en imaginant les ouvriers chargeaient les wagons de bois, de fers ou je ne sais trop quoi. Les bruits de rails étaient réguliers et lourds. De temps en temps un train passe lentement avec ses transpirations de vieux marcheur. Il souffrait peut-être aussi de cette chaleur insupportable. Je comptais dans le noir " un, deux, trois... " mais rien à faire, je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Je cherchais mon grand éventail de palmier posé à côté de ma tête.
Du vent ! Du vent !
Pourquoi cette chaleur moite et oppressante ne voulaitt-elle jamais quitter la ville? Elle m'obsèdait de plus en plus. Pourtant tous les jours il y avait un orage qui éclatait dans l'après-midi ou dans la nuit. Malheureusement la chaleur était le vainqueur de saison. A peine s'arrêtait la pluie, la terre humide nous crachait de nouveau la vapeur sale en pleine figure.

Depuis que nous avions déménagé à ce dortoir de familles ouvrières il y avait 8 ans, j'avais beaucoup de mal à aimer la nuit. L'usine de mes parents avait choisi cet endroit hostile pour construire des " boîtes d'allumettes " et une petite école au milieu de ses habitants. Ma chambre donnait sur la cour de l'école. Et maman était mon professeur de chinois. Même si je faisais semblant de répéter " C'est pratique d'aller à l'école en dévalant mes escaliers en 2 mn", au fond je détestais le nom sinistre de mon quartier appelé " le Désert du Nord ". Je préfèrais dire que j'habitais dans la banlieue de l'Est. Je ne connaissais pas plus la ville que mon quartier. Le seul chemin familier était celui de la maison de ma meilleure amie Wen-you. Elle habitait à 1km de notre dortoir.
J'adorais cette route couverte de platane français. Les arbres étaient si grands que leurs feuillages ne laissaient pas passer les rayons de soleil. Nous pouvions parcourir cette route sans crainte. La maison de Wen-you se trouvait côte à côte avec l'usine de nos pères.

Les coupures d'électricité intervenaient à tour de rôle lors de la grosse chaleur. Les usines devaient fonctionner, et les hôpitaux aussi. La plupart des ouvriers de la ville faisaient les trois-huit pour économiser l'énergie. Je ne pouvais pas écouter ma radio dans la nuit de toute façon au risque de réveiller la famille. Elle trônait sur le bureau, silencieuse. La seule lumière venait à ma rencontre était celle de la gare des marchandises. Les enfants étaient plutôt contents quand il y avait les coupures d'électricité. Certains jouaient cache-cache dans les escaliers en imitant les cris horribles du diable imaginaire, d'autres chantaient des airs d'opéra moderne ou des chants révolutionnaires à tue-tête. Ayant un traumatisme cardiaque, j'avais peur de la nuit, les orages et du bruit brutal. Les médecins m'interdisaient simplement de jouer avec des enfants de mon âge. Alors ma fenêtre était devenue mon point d'observation.

dimanche 25 juin 2006

Vivre avec les bambous

Mon chat Léo

Chaque printemps des jeunes pousses de bambous sortent de la terre. Dans la forêt ou à la campagne, au bord de la route ou à côté de la maison, elles poussent en un clin d'œil. Au marché les paysans viennent en ville pour vendre leurs légumes, leurs volailles d'élevage, leurs nouvelles récoltes de riz et les énormes pousses de bambou. Les cuisiniers et les ménagères sont ravis de retrouver ce légume de saison. Sur la carte des restaurants, on souligne l'arrivée de bambous frais en gros pour signaler la fin de boîtes de conserves.

Au Sichuan il y a bien sûr des bambous partout. On croise toutes les sortes avec des tailles différentes. Les pandas géants n'en mangent une seule sorte. Quand vous voyez qu'ils les dévorent avec un malin plaisir, vous vous dites qu'elle doit être délicieuse, cette herbe géante ! Dans la vie de tous les jours, les Chinois utilisent les bambous dans bien de domaines : les échafaudages, les ustensiles de cuisine, les meubles de maison... Les bambous sont consommés fraîchement ou fumés, en friture, ou en salade. On peut faire des farces végétariennes, faire sauter avec de la viande, les mijoter avec des carottes, des navets blancs et des champignons parfumés accompagnés de canard ou de poulet et faire des soupes poivrées. C'est aussi un élément indispensable pour varier la couleur des plats. Les bambous contiennent de multiples vitamines et surtout riches en fibre. Si vous avez des problèmes de digestion ou de transit, au lieu d'aller à la pharmacie, il vous suffit de manger des bambous.

Au Sichuan nous avons des bambous et des poètes. Nos célèbres poètes chantent haut et fort la droiture ( symbole de l'honnêteté ), la vertu et la simplicité de cette herbe; les peintres peignent inlassablement ses branches résistantes au soleil ou au vent; et les cuisiniers ont la joie de préparer les mets en honorant le retour du printemps...

Un grand poète Su Dong-po (1037-1101) natif de Sichuan avait écrit :

Je peux vivre sans viande,
et ne peux vivre sans bambou.
sans viande je maigris,
sans bambou je deviens vulgaire.
un maigre peut devenir gros,
un vulgaire ne peut être soigné.

Mon chat Léo

jeudi 22 juin 2006

L'art de manger le piment

"Une dernière question", demande le serveur," Vous mangez un peu de piment? Vous n'avez pas peur de piment? "

" Un tout petit peu. " répond le client souriant.

La province de Sichuan produit toutes sortes de piments: les verts, les rouges, les poivrons sucrés-pimentés et les piments d'oiseau etc. C'est une région où il fait très chaud en été, froid et humide en hiver. Le piment pousse partout et les sichuannais considèrent que le piment n'est pas seulement un condiment, mais aussi un légume de saison. Nous pouvons faire des piments séchés ou marinés dans des jarres en terre cuite. Les piments secs donnent un parfum au pot-au-feu de Sichuan et les marinés se marient à merveille avec des plats de viande ou de poisson. Consommer le piment nous aide à transpirer un bon coup en temps de chaleur. D'ailleurs dans des pays chauds, les gens boivent du thé chaud. Cette pratique nous aide à boire d'avantage après le repas car nous oublions bien souvent de boire en été. Et puis les piments contiennent plus de vitamines que le kiwi dont le Sichuan est le pays d'origine de ce fruit.

Les sichuannais mangent, c'est bien connu, beaucoup de piment, mais ils le mangent avec intelligence. Savourer le piment est un vrai art, car celui-ci est largement étudié, préparé et dégusté. Le piment vert inspire la fraîcheur de saison. Les émincés de viande avec la couleur verte sont des plats simples comme des sichuainnais. L'huile de piment rouge parfumé aux sésames colorie joliment les salades et les nouilles froides. Lorsque vous dégustez un bon plat sichuannais, vous devez alors deviner ce goût subtil faisant ressortir les autres épices. Il est hors de question pour nous de mettre le piment partout et à n'importe quelles doses. Si le " Poulet Gongbao" est aimé par tous les sichuannais, c'est parce que le piment sec frit y est pour quelques choses. Maintenant on peut croiser ce plat dans beaucoup de restaurants en Chine. Quelle souvenir pour moi de manger ce plat à Beijing il y a 2 ans. Le " Poulet Gongbao " était simplement massacré! Trop sucré et pas assez parfumé! J'avais la conviction que le cuisinier n'avait pas compris la vraie préparation de ce plat. Il ne suffit pas de mettre le piment partout pour faire la cuisine de Sichuan!

Et la purée de piment dans tout ça? En bien la purée de piment au Sichuan est faite aux fèves fermentés. En Europe nous avons l'habitude d'acheter des pots tout prêts. Mais made in Hollande. Regardez bien la composition de ces pots, vous trouverez la purée de piment au sel. C'est tout. Au Sichuan la purée de piment doit être séchée au soleil pendant deux ou trois jours afin qu'elle prenne le parfum de fèves tout en éliminant l'odeur de champs. Je me souviens que ma mère échangeait ses préparations avec ses amies. Un peu comme on offre des confitures faites maisons en France.

Dans la cuisine sichuannaise, l'art de manger du piment est un sujet de discussion à table. Les couleures vives de piment animent chaque repas sans oublier que toutes les préparations de piment sont nécessaires pour réussir des plats sichuannais. Vivre sans piment? les sichuannais seront maleureux et perdus... ...

Un mot juste pour attirer votre attention: quand vous êtes tombés dans des bonnes mains en Chine ou ailleurs, pour vérifier que le piment soit utilisé à sa juste valeur, il faut que le cuisinier s' adapte au climat, aux habitudes alimentaires de chacun et à la saison. Consommer trop de piment pendant juillet-août, risque de vous rendre malade plutôt que de vous ouvrir l'appetit !

mercredi 21 juin 2006

Porc au riz croustillant ( recette )

Porc au riz croustillant (pour deux personnes)

1. Préparation de viande :
150g de viande de porc Couper en allumettes le filet de porc sans gras; 5 mn avant la cuisson, ajouter la marinade à la viande, puis bien mélanger jusqu’à ce que celle-ci soit entièrement absorbée.

2. Marinade de la viande :
1 cuillère à café de fécule de pomme de terre diluée avec un peu d'eau
1 cuillère à soupe de vin de cuisine SHAO XIN
une pincée de sel et poivre

3. Préparation de légumes :
Couper en lamelles les pousses de bambou, les verts des cebettes; tremper dans l’eau chaude (15 minutes) quelques champignons noirs et les nettoyer.

4. Préparation de condiments :
Couper finement un peu de gingembre, d’ail; le blanc de cebette coupé en lamelles; 1 cuillère à café ou plus de purée de piment; quelques poivre de SICHUAN

5. Assaisonnement :
1 c. à soupe de fécule de pomme de terre diluée avec un peu d'eau
1 c. à soupe de sauce de soja noir
1 c. à soupe de vinaigre de riz
2 c. à café de sucre en poudre
1 c. à café de vin de cuisine SHAO XIN
un bol chinois de bouillon de volaille
une pincée de sel et poivre
Cette préparation doit être mise dans un grand bol. Bien mélanger.
Cette sauce doit avoir un gout aigre-doux .

6. Cuisson :
Chauffer le wok ou une sauteuse, puis ajouter 3 c.à soupe de l’huile de tournesol à feu vif.
Faire rissoler les condiments sans les griller. Il faut que les parfums se dégagent.
Ajouter la préparation de viande et remuer rapidement.
La viande devient alors blanche, rajouter des légumes. Retourner sans cesse.
2 mn après, versere le bol d’assaisonnement.
Pour parfumer et faire briller le plat, il faut ajouter quelques gouttes de l’huile de sésame.
Servir rapidement.
7. Servir:
Mettre le riz ( grillé préalablement ), verser le plat de porc dessus. Alors vous allez entendre le joli bruit du riz croustillant! Et le tour est joué!

8. Caractères :
Ce délicieux plat est une présentation typique de la cuisine de SICHUAN. Il est parfumé à souhait au goût aigre-doux et légèrement pimenté et poivré. Les légumes mélangés rehaussent naturellement ce plat très apprécié.
La sauce est ni trop liquide ni trop épaisse. Un peu comme la pate à crêpe.
La sauce doit avoir une couleur brune grâce au soja, mais jamais trop foncée.
Le degrée de piment doit être à la hauteur de vos capacités. Manier avec précaution.

Histoire de porc au riz croustillant

Histoire de Porc au Riz Croustillant

"Pziiii...pziii..."
Un bruit agréable surgît, un parfum parcourt dans la salle de restaurant. Les convives sont visiblement ravis d'entendre ce bruit si attendu.
Quelques instants après, une dame demande discrètement au serveur: "Qu'est-ce que vous avez servi la table à côté? ça a l'air très bon."
Ah! Le fameux porc au riz croustillant!

Avant de vous dévoiler la recettede ce plat, je voudrais vous parler d'abord comment faire du riz craquant.
Vous avez sûrement fait du riz au moins une fois dans votre vie, sachant que les chinois en font quotidiennement. Un geste simple à réaliser. Nous ne préparons le riz qu'avec de l'eau froide sans huile ni sel. A l'étuvée ou à vapeur. Alors une question: une fois qu'on a mangé le riz, comment récupérer le fond de casserole sans pour autant le gaspiller? Eh bien nous faisons la soupe de riz, servie soit au petit déjeuner, soit au dîner accompagné de légumes et des brioches farcies. Dans la province de Sichuan, nos cuisiniers ont eu l'idée géniale de créer un plat à base de ce riz collé au fond de la casserole.
D'un côté il faut laisser le fond de casserole sur le feux très doux environs 5mn. Puis le riz se décolle en séchant. Ensuite il faut attendre qu'il soit complètement sec à l'intérieur. Compter un jour pour l'été, deux jours pour l'hiver. Cette récupération de riz n'est pas connue dans toute la Chine.
Pour servir de bons petits plats en sauce, nous jetons des morceaux de riz grillés dans une friture à 180°, le riz va doubler de volume comme des soufflées. Avec l'aide des baguettes, nous retournons les morceaux de riz pendant 1mn afin qu'il gonfle au maximum. En même temps le plat en sauce est prêt à servir. Immédiatement nous servons à table un grand plat avec du riz croustillant en versant le plat dessus. En général vous sursautez par surprise du bruit, ou vous applaudissez d'enchantement. C'est un plat de fête, car les bruits du riz craquant au contact du plat mettent tout de suite une bonne ambiance entre les convives.
Les sichuannais sont très fiers de cette création. Elle a pour but de faire plaisir aux oreilles qui ne sont pas uniquement des décorations! Selon des différentes occasions et compositions de menus, les cuisiniers peuvent varier avec du porc, du poulet, des crevettes ou de la seiche etc.


samedi 17 juin 2006

La cuisine de mon pays (suite)

J'ai un grand défaut. C'est que j'aime manger de la bonne cuisine. J'aime aussi faire à manger car j'éprouve un immense plaisir de partager ma passion avec les autres. Nous vivons dans un monde de communication, partager un bon repas est pour moi un moyen de communication par excellence.
J'ai un autre défaut. C'est que je ne sais pas mentir. Je n'arrive pas à faire des compliments si les plats servis devant moi ne sont pas à la hauteur de mon espérance. Du coup je suis longtemps suffoquée de voir qu'on peut presque servir n'importe quoi dans des restaurants. Le plus insupportable est d'entendre les adjectifs comme " délicieux! Formidable ! ... " un mystère en soit.
Comment peut-on servir des gros morceaux de viande dans des restaurants chinois? Depuis quand tous les plats chinois sont baignés dans des sauces abondantes? Comment peut-on avaler une soupe avec des germes de sojas crues? J'ai découvert la cuisine chinoise en France.

Pourquoi les chinois coupent les aliments en petits morceaux ?

Une dame demande gentiment à un serveur souriant :
"Comment coupez-vous les aliments si fins ? Avec une machine?
"Ah non! Avec un grand hachoir. Avec la main."

En Chine le manque d'énergie a toujours été un problème. Nos ancêtres avaient découvert qu'ils pouvaient économiser l'énergie en réduisant le temps de cuisson. Plus les aliments sont coupés petits, plus le temps de cuisson est court, en plus on peut préserver davantage la fraîcheur des aliments. Vous pouvez remarquer que la cuisine de Sichuan est composée richement des légumes de saison, coupés tout petits en allumettes, en dés, en rondelles etc. Alors, comment réussir un bon plat de viande ou de poisson accompagné des légumes? Selon les caractères spécifiques de chaque plat, les cuisiniers doivent respecter les couleurs, les formes et la résistance de chaque matière. On peut alors juger de la réussite ou de l'échec. Par exemple, "sauté de poulet aux poivrons" est un petit plat de saison. Si le poulet est coupé en allumettes, on n'a pas le droit de couper les poivrons en carrés, la présentation est non seulement laide, mais en plus il est très difficile de faire en sorte que le poulet reste moelleux et les poivrons un peu craquants. Les poivrons doivent donc être coupés à la même longueur que le poulet, c'est la règle d'or pour tous les plats!

Si un jour vous rencontrez un grand chef chinois, il sera très fier de vous montrer son talent de couper les aliments ; car pour un apprenti de cuisine, le premier pas vers une réussite total est de bien couper comme il faut!

Fleur de lotus

jeudi 15 juin 2006

la cuisine de mon pays

CHENG-DU, ville jumele de Montpellier, est la capitale de la province de Sichuan en Chine. La ville a été bâtie il y a plus de 2000 ans, et grâce au premier barrage hydraulique du monde DU JIANG YANG situé à 50 km de la ville, CHENG-DU est animée par plus de 3,6 millions d'âmes au centre ville. Elle est le carrefour du sud-ouest de la Chine.

Au centre de la province, se trouve le fameux "bassin rouge". Tout autour, ce sont des hautes montagnes qui sont la protèction naturelle contre toutes les invasions d'extérieur et plein de grandes rivières rejoignent le fleuve Yang zijiang, puis traversent tranquillement les Trois Gorges, célèbre pour les traveaux du plus grand barrage du monde.

Sichuan est aussi le pays de grands pandas, animal chéri de tous les chinois. En été il fait très chaud et les orages ne sont pas rares; en hiver il fait froid mais sans la neige sur la plaine. Grâce à l'humidité constante tout au long de l'année, les paysages de Sichuan sont une verture manifeste.C'est une culture si riche et si généreuse qu'on surnomme cette province " le Paradis Célèste ".

La cuisine raffinée et caractéristique du Sichuan est l'une des plus grandes de Chine. Elle se résume  aux cinq goûts de base( acide, sucré, amer, piquant et salé ), et grâce aux fameux poivres de Sichuan et des variétés de piment, les associations infinies des épices et le respect total des aliments ( fraicheur, couleurs, formes, saisons et saveurs ), elle est devenue une vraie fierté des sichuannais et très appréciée par des amoureux des bonnes cuisines.

Pour mieux savourer la cuisine chinoise, il faut comprendre que depuis toujours, les chinois pensent que le monde est lié aux cinq éléments essentiels: Métal, Bois, Eau, Feu et Terre. Quand nous parlons des cinq goûts alimentaires, en fait ce sont des goûts élémentaires. En tenant compte de saisons, de récolte et de terroir, les cuisiniers transforment les produits banals ou rares, ordinaires ou luxieux en véritables oevres d'art, et  leurs savoir-faire enchantent les gormants, puis petit à petit leur travail atteint la perfection esthétique et pourtant la recherche d'une harmonie entre homme et nature n'a jamais cessé.

La cuisine de Sichuan est pleine de saveurs comme on contemple une riche peinture ou comme on écoute religieusement des chants venus du ciel ou des poêmes - symboles des cris du coeur. Cette cuisine est basée solidement sur la très longue histoire de la région de Sichuan, surtout la plaine de Chengdu, l'une des capitales de l'époque des TROIS ROYAUMES. Des nombreux poètes LIBAI, TUFU ou SU DONGPO ont laissé leurs traces littéraires ou cuilinaires dans temples, des récits de voyage ou sur des montagnes. Les sichuannais sont ravis de faire et refaire les recettes des lettrés. Il est d'ailleurs très difficile de satisfaire entièrement les palais de sichunnais car ils sont tous des critiques cuilinaires.

A nos jours de nombreux cuisiniers portent toujours cet amour infaillble de la cuisine de Sichuan. Ainsi l'histoire de la cuisine de Sichuan continuent.

Avec mon vécu à Chengdu, puis à Chongqing ( une autre très grande ville de Sichuan ) et 16 ans d'expérience de cuisinière, je vous raconte les anectotes d'une cuisine pleine de saveurs comme aigre-doux, salé et poivré, aigre-doux pimenté et cinq parfums etc.

Mon chat Léo

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